Mes Gyny’s,
Bienvenue dans ce nouveau rendez-vous du Gyny Journal.
La mémoire
Il y a un an, en plein cœur de Paris, je présentais Icole, la deuxième collection de GYN 1957. Une collection née de souvenirs, de musique et de ces moments de fête qui traversent une vie.
Le nom Icole fait écho à une chanson emblématique d’Olivier Ngoma, que l’on entend souvent lors des fêtes, des banquets ou simplement le dimanche, quand la musique résonne dans la maison. C’est l’un de ces morceaux qui accompagnent naturellement la vie et les souvenirs.
En grandissant, j’ai souvent observé ces scènes : les adultes qui dansent pendant des heures pendant que les enfants, épuisés, finissent par s’endormir sur deux chaises rapprochées ou sur un coin de table.
Aujourd’hui, le regard s’est inversé. Je suis devenue l’adulte qui danse, celle qui veille sur les plus jeunes et qui perpétue ces moments de partage.
C’est aussi cette transformation qui a nourri Icole.
Les figures
La collection est traversée par plusieurs figures symboliques. La première est celle de la sirène, inspirée de ces femmes élégantes que j’admirais enfant : les tantes, les marraines et les grand-mères qui se préparaient pour sortir, se maquillaient, mettaient leurs talons et transformaient les moments ordinaires en véritables cérémonies.
Cette figure prend forme dans la Jupe Sirène, associée à un bustier orné de tulle, de dragées et de petits objets inspirés des décorations de baptême.
Certaines pièces rendent également hommage aux femmes de ma famille. La Jupe Céline, par exemple, s’inspire des jupes fleuries que portait ma mère et revisite ces silhouettes familières à travers l’univers de GYN 1957.
Le Top Charlotte, quant à lui, porte le prénom de mon arrière-grand-mère. C’est une pièce asymétrique au décolleté plongeant — peut-être un peu plus audacieuse que ce qu’elle aurait imaginé — mais dont le nom me semblait naturellement lui appartenir.
L’ange
Un autre personnage traverse la collection : l’ange.
Depuis l’enfance, j’ai toujours imaginé la présence d’anges gardiens veillant sur moi. Avec le temps et les épreuves, cette image a pris un sens plus intime : celui des êtres qui continuent de nous accompagner, même après leur départ. Cette figure apparaît dans la collection à travers une silhouette portée par Allan, ambassadeur de la marque et mon cousin, avec qui j’ai grandi en Guadeloupe et que j’ai retrouvé plus tard à Paris.
Au cœur de cette silhouette, le Corps Top a été conçu directement sur sa morphologie, comme une seconde peau. Il est associé au Aiglon Pants 2.0, dont l’allure s’inspire des silhouettes que l’on retrouvait sur les pochettes d’albums de groupes de musique antillais des années 70.
Les inspirations
Les souvenirs prennent parfois des formes inattendues. Lors d’une visite au Palais des Beaux-Arts de Lille, je suis tombée sur la peinture Les Vaches de Vincent van Gogh. Ce moment m’a marquée : ce qui faisait autrefois simplement partie de mon quotidien apparaissait soudain comme un sujet artistique, observé à travers le regard d’un peintre.
La collection évoque aussi les univers qui ont nourri mon imaginaire d’enfance. Certaines silhouettes font par exemple référence à des personnages qui m’ont marquée, comme Shego dans Kim Possible, un dessin animé que j’aimais beaucoup et qui mettait en scène des figures féminines fortes et charismatiques.
Cette inspiration apparaît notamment à travers le Top SIK 2.0 et la Jupe KA vert émeraude. Enfin, Icole est traversée par un autre fil invisible : celui de la Guadeloupe. L’île apparaît dans certaines broderiesajourées qui laissent entrevoir la peau, comme pour rappeler que l’on peut quitter un territoire sans jamais vraiment le laisser derrière soi.
Quitter la Guadeloupe, c’est partir à des milliers de kilomètres de son soleil, de sa mer et de sa végétation. Mais c’est aussi comprendre que cette terre continue de vivre en nous.
Une aventure collective
Au-delà de l’univers créatif, la présentation de cette collection à Paris a marqué une étape importante dans le développement de GYN 1957.
Ce moment m’a permis de mesurer concrètement l’ampleur de ce qui était en train de se construire. Après plusieurs années à développer la marque en ligne, rencontrer ma communauté dans la réalité a été un moment particulièrement fort.
Organiser ce défilé représentait aussi un défi humain et logistique important. Un projet de cette ampleur nécessite de nombreuses compétences et beaucoup d’engagement.
Je tiens donc à remercier toutes les personnes qui ont contribué à rendre cet événement possible : coiffeuses, maquilleuses, photographes, vidéastes, mannequins, ami·es ainsi que les étudiants de l’IFM, qui ont apporté leur énergie et leur aide précieuse.
J’ai une pensée toute particulière pour Amandine, ma meilleure amie depuis le lycée, qui m’a accompagnée dans l’organisation de cette soirée avec une grande rigueur et un calme que j’admire. Elle est également à l’origine de l’identité visuelle de GYN 1957, du logo à la charte graphique du site et aux flyers de communication.
Je pense également à Maria, Any et Cheryl, dont les talents de coiffeuses ont accompagné de nombreux projets de la marque, depuis mon projet de diplôme jusqu’à mes premiers défilés.
À travers ces collaborations, GYN 1957 est devenu bien plus qu’un projet personnel : c’est un espace de création et de construction collective.
Les souvenirs deviennent des histoires. Les histoires deviennent des vêtements. Et les vêtements deviennent une manière de raconter d’où l’on vient.
Icole représente une étape : celle où l’on cesse simplement d’imaginer pour commencer à construire. Une histoire que nous continuons désormais à écrire ensemble.
Découvrez la collection Icole.
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Le défilé de présentation de La collection Icole



